DISINFO: L'OPCW diffame les lanceurs d'alerte pour défendre le rapport assainissant de Douma.
SUMMARY
En réponse à une série de fuites concernant le rapport de l'OPCW sur le prétendu attaquer chimique à Douma, l'organisation a mené un examen interne au cours duquel elle a diffamé deux lanceurs d'alerte qui avaient témoigné que l'OPCW avait falsifié ses propres conclusions sur l'incident. L'un des inspecteurs, désigné comme « Inspecteur A » et « Inspecteur B », était l'ancien spécialiste de l'OPCW Ian Henderson, qui a visité Douma dans le cadre de la mission d'enquête de l'agence et a publiquement critiqué le rapport « assaini » sur le prétendu attaquer à Douma. L'autre 'Inspecteur' faisait probablement référence à 'Alex', un lanceur d'alerte elusive dont l'identité n'a pas été révélée, et qui a fourni des matériaux à WikiLeaks remettant également en question de manière significative l'intégrité de l'OPCW dans son enquête sur le prétendu attaquer à Douma.
RESPONSE
Des narrations récurrentes pro-Kremlin de désinformation attaquant l'indépendance et l'intégrité de la OPCW; apportant de la crédibilité à la prétention que l'attaque de Douma en 2018 était mise en scène; et exonérant le régime syrien de toute responsabilité pour les attaques chimiques en général. L'histoire est parsemée de mensonges et de citations sorties de leur contexte tirées du site web de l'OPCW. Elle omet commodément le fait que les remarques citées n'étaient pas des attaques verbales ad hoc contre les "lanceurs d'alerte", mais ont été faites à la suite d'une enquête indépendante de l'OPCW (et non d'une revue interne) qui a duré six mois et a été supervisée par des enquêteurs externes. L'enquête ne nomme pas les fuites mais fournit juste assez d'informations pour réfuter la prétention que Henderson "a visité Douma dans le cadre de la mission de collecte de faits de l'agence." L'inspecteur A "n'était pas membre de la FFM" et "a joué un rôle de soutien mineur dans l'enquête sur l'incident de Douma" (par. 13). L'inspecteur B, en revanche, "n'a jamais quitté le poste de commandement à Damas parce qu'il n'avait pas terminé la formation requise pour être déployé sur le terrain" (par. 23). Il s'ensuit qu'aucun des inspecteurs n'aurait pu visiter le site avec un mandat de collecte de faits. Voir ici pour un démontage complet des affirmations de Henderson. De plus, Sputnik ne mentionne jamais que l'inspecteur B "est parti [de l'agence] à la fin d'août 2018" (par. 25) et n'a donc pas pu participer aux sept derniers mois de l'enquête sur Douma, durant lesquels "la majorité des travaux d'investigation de la [FFM] a été effectuée" (par. 29). Cela correspond à la date de l'e-mail fuité d'Alex, daté du 22 juin 2018 et qui n'aurait pas pu aborder la version finale du rapport sur Douma. En fait, les préoccupations soulevées dans l'e-mail ont été abordées dans le rapport final, publié en mars 2019. Voir ici pour un démontage supplémentaire par Bellingcat.