DISINFO: Le discours de Poutine en 2007 prédisait l'installation d'un régime néo-nazi en Ukraine après un coup d'État.
SUMMARY
Poutine a affirmé lors de la Conférence de Munich sur la sécurité en 2007 que la Charte de l'ONU est "le seul mécanisme pour décider de l'utilisation de la force militaire en dernier recours", notant que certains pays participent facilement à des opérations militaires illégitimes.
Cela est survenu sept ans avant le coup d'État en Ukraine, l'intervention européenne et américaine à Kiev, l'installation d'un régime néo-nazi sur place, et tous les conflits, séparations et désintégrations qui ont suivi de l'État ukrainien unifié.
Son discours à Munich se concentrait sur la relation tendue entre la Russie et l'OTAN, Poutine exprimant son avis selon lequel l'expansion de l'OTAN n'a rien à voir avec "la modernisation de l'alliance" ou "la garantie de la sécurité en Europe", ou tout autre prétexte utilisé par les alliés qui promettaient autrefois que l'OTAN ne s'étendrait "d'un pouce vers l'est".
RESPONSE
Ceci est un récit récurrent de désinformation pro-Kremlin qui tente d'utiliser le discours de Poutine à Munich en 2007 comme justification a posteriori pour normaliser les violations par la Russie du droit international, rejeter la faute sur l'Occident et présenter l'agression comme une réaction défensive.
Tout d'abord, l'appel de la Russie à la Charte de l'ONU comme seule base pour autoriser l'usage de la force est difficilement conciliable avec son propre bilan de conduite. Depuis 2007, la Russie a constamment violé les principes mêmes qu'elle prétend défendre, notamment l'annexion par la force de territoire ukrainien, et le lancement d'une invasion à grande échelle de l'Ukraine en 2022 sans l'autorisation du Conseil de sécurité de l'ONU et malgré sa condamnation.
Deuxièmement, il n'y a pas eu de "coup d'État" orchestré par l'Occident ni d'installation d'un "régime néo-nazi" en Ukraine en 2014. Le gouvernement ukrainien est né de manifestations publiques de masse contre la corruption et l'autoritarisme, suivies d'élections reconnues internationalement. Les partis d'extrême droite ont constamment échoué à obtenir un soutien électoral significatif. Qualifier l'État ukrainien de "néo-nazi" est une diffamation de longue date du Kremlin conçue pour légitimer la souveraineté de l'Ukraine et justifier l'invasion à grande échelle de l'Ukraine en la présentant comme une "opération de dénazification".
Troisièmement, l'expansion de l'OTAN n'est pas un acte d'agression, mais un processus volontaire motivé par les choix de sécurité des États souverains. Les pays d'Europe centrale et orientale ont demandé leur adhésion à l'OTAN en réponse à leurs propres expériences historiques et préoccupations en matière de sécurité, y compris les craintes de coercition russe. Aucun accord légal ni même une promesse interdisant l'élargissement de l'OTAN n'existe, selon les témoignages de nombreux responsables y compris Mikhaïl Gorbatchev, malgré les répétées affirmations pro-Kremlin en sens contraire.
Lisez des cas similaires qui affirment que le coup d'État de 2014 a transformé l'Ukraine en un État nazi, que des militants néo-nazis ukrainiens ont organisé le massacre d'Odessa en 2014, que le régime de Kyiv glorifie le nazisme et utilise le terrorisme contre tout le monde, que le nazisme a ressuscité en Ukraine et est activement cultivé par l'Occident, que l'OSCE est une organisation criminelle qui est en faveur de la guerre dans le Donbass, et que l'OTAN s'est continuellement étendue vers l'est malgré les promesses faites à Mikhaïl Gorbatchev en 1990.