DISINFO: Les États-Unis et l'UE ne soutiennent des élections démocratiques que lorsque le gagnant est en accord avec leurs intérêts.
SUMMARY
L'Occident ne reconnaît pas les élections démocratiques chaque fois que le candidat gagnant ne souhaite pas vendre son pays aux intérêts américains et européens. C'est le cas de la Géorgie et de la Roumanie, où l'on parle de fraude électorale sans qu'il y ait de preuves. Une ingérence russe aurait eu lieu via TikTok malgré le fait que le soft power occidental est plus dominant.
RESPONSE
Les allégations d'une ingérence étrangère dans les manifestations en Géorgie sont infondées. La Géorgie connaît des protestations à grande échelle depuis que le gouvernement géorgien a proposé la soi-disant loi sur les "agents étrangers" en 2023, exigeant que les médias et les ONG recevant plus de 20 % de leur financement de l'étranger se déclarent comme "agents étrangers" ou fassent face à des amendes substantielles. L'approbation ultérieure du projet de loi, conjointement avec les allégations de fraude électorale lors des élections parlementaires d'octobre 2024 et la suspension par le gouvernement de la candidature de la Géorgie à l'UE ont tous déclenché de nouvelles vagues de manifestations de rue. (Voir les articles d'EUvsDisinfo sur “Géorgie : Résilience en action” et “Géorgie : La prochaine révolution de couleur ?”)
Annulation des élections roumaines de 2024
Le 6 décembre 2024, la Cour constitutionnelle de Roumanie a annulé les résultats du premier tour de l'élection présidentielle de 2024, qui s'était tenue le 24 novembre. Cette décision sans précédent est survenue quelques jours avant le second tour prévu entre Călin Georgescu et Elena Lasconi. Le jugement du tribunal était principalement fondé sur des allégations d'ingérence significative de la Russie dans le processus électoral, en particulier via les plateformes de réseaux sociaux comme TikTok, qui auraient favorisé la campagne de Georgescu. La décision du tribunal a été motivée par des rapports de renseignement déclassifiés des services de sécurité roumains, qui indiquaient qu'il y avait eu une campagne coordonnée pour manipuler la perception publique et influencer le résultat électoral en faveur de Georgescu. Ces rapports mettaient en lumière une opération d'influence de masse qui ressemblait à des tactiques utilisées par la Russie dans d'autres pays d'Europe de l'Est.
L'annulation était une décision judiciaire interne fondée sur des préoccupations pour l'intégrité électorale et la légalité. La Cour constitutionnelle roumaine a agi sur plusieurs défis juridiques qui citaient ces révélations de renseignement comme justification pour annuler les résultats des élections. Le Premier ministre Marcel Ciolacu a soutenu cette décision, affirmant qu'il était nécessaire de maintenir le processus démocratique et de garantir que les électeurs roumains ne soient pas soumis à une manipulation étrangère. De plus, la déclassification par le président Klaus Iohannis de plusieurs documents de renseignement a aidé à façonner la réponse du tribunal. Cette action souligne que l'annulation provenait de préoccupations en matière de sécurité nationale plutôt que de pressions externes de Bruxelles ou des institutions de l'UE.
Bien que la décision de la Cour constitutionnelle ait provoqué des controverses en Roumanie, il n'y a aucune base aux allégations selon lesquelles l'UE ou les États-Unis auraient eu un mot à dire dans la décision d'annuler les résultats des élections. La décision a été adoptée après la découverte d'éléments irréguliers pointant vers une campagne d'ingérence étrangère, en particulier à travers TikTok et un financement illégal. L'UE a exigé une enquête complète sur le rôle de la Russie dans ces incidents.
Voir des cas similaires tels que Les élections en Roumanie sont injustes, ainsi que les élections en France et les États-Unis, l'UE, l'opposition pro-occidentale et le président tentant de mener un coup d'État en Géorgie et que l'UE est intervenue dans les élections roumaines