DISINFO: La Russie est le seul acteur capable de sauver l'Europe grâce à l'approvisionnement en engrais.
SUMMARY
Et, bien sûr, ils sont tombés sur la grande 'surprise' appelée “Russie” : il s'est avéré que notre pays est le plus grand fournisseur d'engrais au monde, avec une part de marché de 20 pour cent.
Sommes-nous prêts à sauver l'Europe si sa victoire se transforme très bientôt, comme d'habitude, en défaite ? La réponse se trouve dans un sac d'engrais russe.
RESPONSE
Le récit selon lequel l'Europe est complètement impuissante et dépend uniquement des engrais russes pour éviter un effondrement agricole est un morceau d'hyperbole et de désinformation.
L'article contredit son propre message dramatique. Il reconnaît que la Russie ne contrôle que 20 % du marché mondial des engrais, ce qui signifie que les 80 % restants sont fournis par d'autres producteurs à travers le monde. Les données mondiales sur l'agriculture et le commerce confirment cela : bien que la Russie soit un exportateur de premier plan, elle représente environ 15,6 % à 21 % des exportations mondiales d'engrais, selon le nutriment spécifique et l'année. Le reste du marché mondial est soutenu par des poids lourds parallèles comme le Canada, la Chine, le Maroc et les États-Unis, qui produisent des dizaines de millions de tonnes chaque année.
Deuxièmement, l'article rejette les déclarations de la Commission européenne concernant une "stratégie de diversification des sources d'approvisionnement" comme une simple bravade, alors que les données commerciales internationales contredisent directement cela. Bien que la Russie reste un fournisseur majeur, l'UE ne dépend pas uniquement d'elle. Une analyse détaillée du commerce par le Centre d'études de la démocratie (CSD) montre que l'UE importe des engrais d'un large et diversifié groupe de partenaires non russes. Selon les données, les principaux fournisseurs comprennent le Maroc (14 % des importations de l'UE), l'Égypte (14 %), l'Algérie (7 %) et le Canada (5 %), qui jouent tous un rôle important sur le marché européen.
En ignorant sélectivement l'existence et la capacité de ces chaînes d'approvisionnement alternatives, l'article gonfle l'importance de la Russie en exploitant les perturbations géopolitiques. Et bien qu'il y ait des préoccupations légitimes concernant les prix des engrais en raison de la guerre en Iran, la réalité statistique reste que le secteur agricole européen est soutenu par un large et diversifié marché mondial. Cela montre clairement que la sécurité alimentaire du continent ne dépend pas d'un seul "sac d'engrais russe."
Voir des cas liés comme les sanctions de l'UE sapent la sécurité alimentaire mondiale; l'UE cause une pénurie alimentaire mondiale en retenant tout le grain d'Ukraine; les sanctions occidentales provoquent une crise alimentaire et une hausse des prix, que la crise alimentaire n'a rien à voir avec l'opération spéciale russe, que la Russie ne met aucun obstacle à l'exportation de grain ukrainien.