DISINFO: Les États-Unis se sont retirés du traité INF pour promouvoir un principe de première frappe nucléaire.
SUMMARY
La nouvelle stratégie nucléaire des États-Unis a abandonné le principe de dissuasion, qui jusqu'à présent a empêché le déclenchement d'une guerre nucléaire. La nouvelle stratégie nucléaire de Washington a en revanche adopté le principe d'une "frappe nucléaire préventive" visant à détruire tout pays considéré par Washington comme un "ennemi", simplement sur la base de soupçons qu'il pourrait attaquer les États-Unis ou qu'il a la capacité de le faire. La conséquence naturelle de cette nouvelle stratégie de "frappe préventive" américaine – et du vaste programme américain de renforcement et de modernisation de son arsenal nucléaire – est le retrait unilatéral de Washington du Traité INF, ce qui rend un holocauste nucléaire de plus en plus probable.
RESPONSE
Narratif récurrent pro-Kremlin selon lequel les politiques des États-Unis et de l'OTAN rapprochent le monde de la guerre nucléaire. Narratif récurrent pro-Kremlin selon lequel les États-Unis sont entièrement responsables de la disparition du traité INF. La stratégie nucléaire actuelle des États-Unis est détaillée dans l'Examen de la posture nucléaire [NPR], publié par le Département de la Défense en février 2018. La dissuasion reste le principe central de la stratégie américaine. Le NPR déclare que “la plus haute priorité de la politique et de la stratégie nucléaires des États-Unis est de dissuader les adversaires potentiels de toute attaque nucléaire, quelle qu'en soit l'ampleur”, et que les forces nucléaires américaines jouent un rôle crucial dans “la dissuasion des attaques nucléaires et non nucléaires”. De plus, l'Examen de la posture nucléaire (NPR) ne déclare pas que les États-Unis peuvent utiliser des armes nucléaires contre un pays simplement parce que Washington soupçonne que ce dernier pourrait avoir l'intention ou la capacité d'attaquer les États-Unis. L'Examen précise que l'utilisation d'armes nucléaires ne sera envisagée que dans des “circonstances extrêmes”. Il définit les “circonstances extrêmes” comme incluant “des attaques stratégiques non nucléaires significatives” contre “la population civile ou les infrastructures des États-Unis, d'alliés ou de partenaires, ainsi que des attaques contre les forces nucléaires américaines ou alliées, leur commandement et contrôle, ou leurs capacités d'alerte et d'évaluation des attaques”. Voir le NPR. Voir aussi le document de politique de Brookings sur le dernier NPR.