DISINFO: Des voyous pro-Maduro violents sont une propagande des médias occidentaux.
SUMMARY
Alors que le leader de l'opposition Juan Guaido se prépare à un coup d'État soutenu par les États-Unis au Venezuela, les activistes pro-gouvernementaux du pays se préparent à une possible intervention militaire. Les activistes — ou colectivo — sont diabolisés par les médias traditionnels et présentés en Occident comme des voyous sanctionnés par le gouvernement qui harcèlent l'opposition en toute impunité. En réalité, ces groupes d'action collective aident à atténuer la pauvreté dans les quartiers populaires de Caracas et ont servi d'organisateurs bénévoles lors des élections nationales. S'ils prennent les armes, ce sera pour défendre le Venezuela contre une éventuelle intervention armée des États-Unis.
RESPONSE
L'histoire fait avancer un narratif pro-Kremlin récurrent, peignant le régime Maduro comme faisant face à un coup d'État imminent sponsorisé par les États-Unis. Les colectivos ne sont pas "démonisés" par les médias occidentaux. Ces groupes ont été férocement critiqués par plusieurs organisations de droits de l'homme, y compris Amnesty International, Human Rights Watch, Freedom House, et le Groupe de crise international (pp. 18-19). Les colectivos ont servi d'appendice virtuel aux forces de l'ordre depuis les premières années de Chavez (p. 18), et ils contrôlent désormais des quartiers entiers de Caracas. Certains groupes de colectivos sont en effet engagés dans des programmes d'anti-pauvreté de l'État, mais cela ne fait qu'aider à renforcer leur emprise sur des zones urbaines dont la dépendance à l'aide gouvernementale est la plus élevée. Parmi d'autres choses, les colectivos ont été impliqués dans des exécutions extrajudiciaires, le trafic de drogue, le vol de voiture à grande échelle, des attaques contre des médias d'opposition, la répression violente de manifestations anti-gouvernementales, et des fraudes électorales. En mai 2018, l'Organisation des États américains a annoncé qu'elle présenterait à la Cour pénale internationale des éléments de preuve de crimes contre l'humanité perpétrés par des colectivos pro-Maduro, y compris 131 meurtres entre 2014 et 2017. Au milieu des coupures de courant à l'échelle nationale qui frappent le Venezuela depuis mars 2019, le président Maduro a appelé les colectivos à "défendre la paix de chaque barrio," liant implicitement les coupures à l'opposition. Le mois suivant, l'Assemblée nationale du Venezuela a désigné les colectivos comme des "terroristes" pour leurs "actions paramilitaires de violence, intimidation, meurtre, et autres crimes."